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Qu'est-ce que la Theorie Polyvagale, et quelles sont ses limites ?

Dernière mise à jour : 30 déc. 2025

Le rôle du nerf vague


Comme son nom l'indique, la théorie polyvagale est centrée sur le nerf vague. Un nerf qui s'étend du tronc cérébral à tous les organes internes, dont le cœur, les poumons et l'estomac. Le nerf vague a de nombreuses fonctions, dont celle de canaliser le système nerveux parasympathique, responsable de la stimulation des fonctions de repos et de digestion, telles que la diminution de la respiration et du rythme cardiaque, et l'accélération de la digestion. Le nerf vague est essentiel pour calmer le système nerveux, surtout après avoir subi un facteur de stress. C’est pourquoi la compréhension du fonctionnement du nerf vague est importante pour la régulation des émotions et le renforcement de la résilience.

La théorie polyvagale a été développée dans les années 1990 (Stephen Porges) pour expliquer comment notre système nerveux autonome (SNA) contrôle nos émotions, notre comportement social et nos réactions au stress. Cette théorie a été bien accueillie par les professionnels de la santé mentale, qui l'utilisent de plus en plus pour aider les personnes souffrant de traumatismes ou de stress important. Mais la théorie est critiquée depuis quelques années, certains auteurs soulignant le manque de preuves scientifiques.


Le système nerveux autonome présente trois modes (ou états) :

Selon la théorie polyvagale, notre système nerveux fonctionne selon trois modes (états) principaux : 

  • Le mode vagal ventral : favoriserait la connexion sociale et le bien-être.

    • Son nom indique qu’il est régulé par la branche ventrale du nerf vague (la plus évoluée), et favoriserait la relaxation, l’attachement, la communication sociale et la régulation émotionnelle. 

    • Ce mode correspondrait à un état de sécurité, où nous sommes calmes et connectés aux autres.

  • Le mode sympathique : déclenche la réaction de « combat ou fuite » face au danger.

    • Le mode sympathique est activé en cas de danger ou de menace, pour mobiliser l’énergie dont le corps a besoin pour agir, avec une accélération du cœur, une augmentation de la tension musculaire et une hypervigilance.

    • Le mode sympathique est associé à la réaction de stress et à des émotions comme la colère ou la peur.

  • Le mode vagal dorsal : provoque l’immobilisation et le repli, souvent en réponse à un traumatisme ou un stress intense.

    • La branche dorsale du nerf vague (plus primitive) régule ce mode, qui se déclenche en cas de danger extrême, quand le combat ou la fuite ne sont plus possibles. 

    • Il peut mener à un état de figement, dissociation, fatigue intense, voire effondrement (shutdown).


L’impact du traumatisme sur le système nerveux


Un traumatisme peut perturber le système nerveux autonome, entraînant :

  • Une hyperactivation, où le système nerveux sympathique reste en alerte constante, ce qui provoque anxiété, irritabilité et troubles du sommeil.

  • Un état de repli, où le système nerveux s’éteint partiellement, ce qui peut engendrer un sentiment d’engourdissement, de déconnexion et de détachement émotionnel.


La théorie polyvagale et ses implications thérapeutiques


Cette approche aide à mieux gérer les émotions face aux situations difficiles, sans chercher à fuir ou à se couper de ses ressentis. Les méthodes utilisées incluent :

  • Un environnement sécurisant et bienveillant.

  • Des techniques de méditation de pleine conscience et d’ancrage.

  • Des pratiques corporelles comme le yoga ou le Tai Chi pour libérer les tensions.

  • Des exercices de respiration et d’auto-compassion.

  • Le développement de relations sociales saines.


Grâce à ces outils, les thérapeutes peuvent aider leurs patients à mieux réguler leurs émotions et à retrouver un sentiment de sécurité et d’équilibre.


La théorie polyvagale s’intègre bien avec les prises en charge basées sur la méditation de pleine conscience (mindfulness), la respiration et le toucher thérapeutique.


Les limitations de la théorie polyvagale : des bases scientifiques discutables ?


Bien que la communauté clinique s'est emparée de la théorie polyvagale comme à la fois un cadre, mais aussi un outil de psychoéducation, des voix s'élèvent depuis 2016 (notamment celle de Paul Grossman, dans ResearchGate), pour remettre en question les fondements neuroscientifiques de la théorie polyvagale. Quelles sont les principales limitations ?

Dit simplement, les recherches en neurosciences n'étaient pas les fonctions attribuées aux différentes branches du nerf vagues. Il est reproché à S. Porges de passer sous-silence les données scientifiques qui vont à l'encontre de sa théorie.


Par exemple : Alors que la théorie polyvagale attribue au nerf vague dorsal un rôle dans la régulation du rythme cardiaque, plusieurs études ont montré que cette branche du nerf vague n'a que peu d'effet sur la fréquence cardiaque. Il faut donc garder à l'esprit que les fondements scientifiques de la théorie polyvagale font encore l'objet de débats (Paul Grossman, 2023).


En résumé en métaphore


La théorie polyvagale peut se représenter par la métaphore du système de freinage d'une voiture, où le nerf vague ventral agirait comme la pédale de frein. Son activation ralentit progressivement la fréquence cardiaque. Face à un facteur de stress, relâcher le frein du nerf vague ventral permettrait d'augmenter la fréquence cardiaque et d'activer potentiellement la réaction de « combat ou fuite » si nécessaire.


En revanche, le nerf vague dorsal agirait comme le frein à main (un frein d'urgence), et serait responsable de la « réaction de blocage », qui se manifeste par une chute soudaine et extrême de la fréquence cardiaque, une diminution de la respiration et une immobilité musculaire.


En résumé en métaphore


La théorie polyvagale peut se représenter par la métaphore du système de freinage d'une voiture, où le nerf vague ventral agirait comme la pédale de frein. Son activation ralentit graduellement la fréquence cardiaque. Face à un facteur de stress, relâcher le frein du nerf vague ventral permettrait d'augmenter la fréquence cardiaque et d'activer potentiellement la réaction de « combat ou fuite » si nécessaire.


En revanche, le nerf vague dorsal agirait comme le frein à main (un frein d'urgence), et serait responsable de la « réaction de blocage », qui se manifeste par une chute soudaine et extrême de la fréquence cardiaque, une diminution de la respiration et une immobilité musculaire.


Encore faut-il que les recherches en neuroscience confirment ces hypothèses, ce qui est fortement remis en question.


Pour en savoir plus, voir cette vidéo.


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