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LE CERVEAU DE LA PRÉSENCE

Où commence la socialité ?

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Et si le cerveau humain ne fonctionnait jamais totalement seul ?

Depuis plusieurs années, différentes recherches montrent que la simple présence d’autrui peut modifier les performances cognitives, le recrutement neuronal ou même certaines formes de plasticité synaptique.

Dans le même temps, les neurosciences sociales et le concept de cerveau social ont profondément renouvelé notre compréhension de la vie mentale humaine, en cherchant à comprendre comment des processus tels que l’empathie, la théorie de l’esprit, la mentalisation ou plus largement la cognition sociale émergent et sont pris en charge par le cerveau.

La question posée ici est différente.

Elle consiste à se demander si, dans ce cadre théorique, la socialité n’est pas abordée un peu tard, une fois que des processus plus fondamentaux sont déjà à l’œuvre.

 

Car avant toute communication, avant toute interaction, avant même parfois toute conscience explicite de l'autre, le cerveau doit déjà avoir une réponse, même approximative, à une question fondamentale :

 

« Y a-t-il quelqu'un d'autre que moi ici ? »

Dans une pièce vide, la réponse est facile, presque instantanée. Mais ce cas est une exception. La plupart du temps, la présence d'autrui ne se constate pas : elle s'infère. Un bruit dans la pièce d'à côté, le sentiment d'être observé sans en avoir la certitude, une silhouette aperçue du coin de l'œil — dans ces situations ordinaires, le cerveau ne dispose pas d'une réponse binaire. Il maintient une estimation continue, sans cesse mise à jour, assortie d'un niveau de confiance variable : quelqu'un est peut-être là, probablement là, sûrement là — ou pas.

 

Le Cerveau de la Présence propose d'explorer cette hypothèse : cette estimation de la présence d'autrui n'est pas un simple prélude à la vie sociale, déclenché puis oublié. Elle tourne en permanence, comme un arrière-plan sur lequel s'organisent l'attention, la cognition et le comportement — au même titre, par exemple, que l'attention elle-même. C'est précisément parce qu'elle est continue qu'elle mérite le statut de condition fondatrice, et non de simple facteur contextuel.

 

Cette même zone d'incertitude — là où la présence doit être inférée plutôt que constatée — est aussi celle où le modèle rejoint la clinique. Sous-pondérer un signal de présence pourtant réel, le sur-pondérer, ou le pondérer de façon chroniquement biaisée : ce sont là des pistes pour comprendre certains vécus de déréalisation, d'hypervigilance ou d'anxiété sociale. Ces pistes ne sont pas un développement séparé de l'hypothèse théorique : elles en sont une extension directe.

 

Cette hypothèse est encore en développement. Les textes réunis ici en proposent les premières fondations, à la croisée des neurosciences, de la psychologie, de la clinique et de l’expérience humaine ordinaire. ​​​

Pour entrer dans le projet

Cette page est le point d’entrée du projet Le Cerveau de la Présence. Pour le découvrir, vous pouvez consulter dans l'ordre, les pages suivantes :

1. Le Manifeste — la thèse générale.
2. Naissance d’une idée — le cheminement personnel et scientifique.
3. Le cerveau social — pourquoi cette théorie prolonge les neurosciences sociales.
4. Les dimensions de la présence — phénoménologie, biologie, développement, civilisation.​

Pour aller plus loin

 

Un article de présentation complet du projet — incluant les preuves neuroscientifiques, les différentes dimensions de la présence, et le lien vers la publication scientifique — est disponible sur le blog.

→ Lire : "Le Cerveau de la Présence : quand les neurosciences redécouvrent quelque chose d'évident"

Driss Boussaoud

Directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur en neurosciences à l'Institut de Neurosciences des Systèmes d'Aix-Marseille Université et de l'INSERM.

Références scientifiques

 

Boussaoud, D. (2026, June 25). The Brain of Presence: A Foundational Framework for Social Neuroscience. Retrieved from osf.io/preprints/psyarxiv/tpnze_v2

 

Demolliens et al. (2017). Social and asocial prefrontal cortex neurons: a new look at social facilitation and the social brain. Social Cognitive and Affective Neuroscience, 2017, 1241–1248

 

Bennani, A., El Ahmadi, A., Channouf, A., et al. (2023). Social facilitation and bilingual cognitive advantage: Bridging social psychology and psycholinguistics. Heliyon, 9, e13239.

Charaf, K., Agoub, M. and Boussaoud, D. (2024). Associative learning and facial-expression recognition in schizophrenic patients: Effects of social presence. Schizophr. Res. Cogn., 35, 100295.

Esmaeili, A., Demolliens, M., Viersen, M., et al. (2025). Probabilistic inference of social presence across brain scales reveals enhanced synaptic efficacy. Commun. Biol., 8, 1608

Presse

 

La découverte des neurones sociaux (com de presse CNRS)

Présence Sociale et Cerveau (com de presse INSERM)

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